Patrick Lesage (Takaneo): « La vraie différence restera toujours l’intelligence humaine derrière les idées. »

Ce n’est pas un hasard si Patrick Lesage et son équipe ont choisi la date du 16 mars (16.3) pour dévoiler le nouveau positionnement de l’agence Takaneo: 361° – The extra human degree. L’occasion pour adada de s’entretenir avec son fondateur au sujet de ce degré en plus, mais pas que.

Après 2024, l’année des 10 ans de Takaneo, 2025 fut une année record pour l’agence. Comment l’expliquez-vous? 

Oui, 2025 a été une année record, et 2026 se présente sous de bonnes augures. Mais notre moteur n’a jamais été le “toujours plus”. Plutôt le toujours mieux. L’implication, elle, n’a pas changé depuis le premier jour. Quand j’ai créé Takaneo, mon idée était simple: construire l’agence que j’aurais aimé trouver lorsque j’étais moi-même côté client, pendant mes dix années comme directeur européen des ventes et de la communication pour le groupe Harlequin Floors. Une agence capable d’apporter à la fois de la clarté stratégique, de la créativité dans l’exécution et surtout un vrai engagement aux côtés des clients.

Les 10 ans de Takaneo ont marqué un cap. Nous les avons célébrés en revenant à l’origine espagnole du nom Takaneo, et cela a eu un effet presque symbolique. Comme si cette première décennie confirmait ce que nous sommes devenus: un collectif plus mûr, plus solide et plus légitime dans ce que nous faisons.

Notre moteur n’a jamais été le toujours plus. Plutôt le toujours mieux.

Cette dynamique tient aussi aux projets que nous avons menés. Certains ont marqué les esprits, comme KPMG Plage, qui fêtera ses 10 ans cette année, notre collaboration avec Luxtram, ou encore le lancement de la saison touristique sur la Place d’Armes, avec un dôme de plus de 350 m². L’événementiel n’est pourtant pas notre cœur de métier. Mais ce sont des projets très visibles qui illustrent notre capacité à concevoir des expériences fortes et à donner de la portée aux marques.

La vraie clé reste l’équipe. Chez Takaneo, chacun agit comme un intrapreneur, avec sa spécialité et sa responsabilité. Cela nous permet de construire des stratégies claires, structurées, mais aussi très engagées. Derrière chaque expertise, il y a une personne qui porte ses idées et leur impact.

L’agence profite de cette dynamique pour dévoiler son nouveau positionnement « 361° ». Ce degré en plus, ça signifie quoi?

Pendant longtemps, les agences ont parlé de 360°. Comme si faire le tour des expertises suffisait. Comme si couvrir tous les services était devenu en soi une promesse différenciante. Aujourd’hui, beaucoup d’agences savent tout faire : stratégie, digital, design, vidéo, événements, innovation. La maîtrise est devenue un standard. La performance aussi. La vraie question est donc simple: si tout le monde fait 360°, où se joue encore la différence? Chez Takaneo, nous pensons qu’elle se joue dans le degré d’engagement. C’est pour cela que nous avons formalisé notre positionnement 361° – The extra human degree. Le 360°, c’est la maîtrise des expertises. Le 361°, c’est le degré en plus: l’attention, l’intention et l’implication qui changent la nature d’un projet.

Le 360°, c’est la maîtrise des expertises. Le 361°, c’est le degré en plus: l’attention, l’intention et l’implication qui changent la nature d’un projet.

Pour nous, une stratégie doit être solide, argumentée et construite pour durer. Mais elle doit aussi vibrer, trouver le bon rythme et déclencher une émotion juste. C’est cet équilibre entre Logic et Magic qui définit notre manière de travailler. Au fond, les marques n’attendent plus seulement des livrables. Elles cherchent des partenaires capables d’apporter de la clarté dans la complexité, une direction dans le bruit et une vision qui tient dans le temps.361°, c’est ce degré d’engagement humain qui fait la différence.

Vous êtes personnellement très engagé, que ce soit au niveau de la MarkCom ou du Cenarp, pour le développement du secteur. Quels sont aujourd’hui les plus grands défis de la profession selon vous?

Je crois beaucoup à l’engagement collectif dans notre secteur. C’est pour cela que je m’implique au sein des conseils d’administration de la MarkCom, du CENARP et de l’Association Victor Hugo. Ces engagements sont pour moi une manière de participer à un collectif d’idées et de personnes, de prendre du recul sur nos métiers et de contribuer à la réflexion sur leur évolution, tout en faisant la promotion de la francophonie et de la langue française à travers l’AVH. En tant que linguiste, j’y prends beaucoup de plaisir. C’est aussi une forme de transmission. Après plusieurs années dans la communication et l’entrepreneuriat, il me semble important de redonner un peu de temps à ces écosystèmes, d’échanger avec d’autres professionnels et d’accompagner les dynamiques qui font avancer nos secteurs. Ces engagements permettent aussi d’observer de près les mutations qui traversent aujourd’hui notre métier et les défis qui l’accompagnent. 

L’un des grands défis aujourd’hui est évidemment l’intelligence artificielle. C’est un outil extrêmement puissant. Certains la craignent. Chez Takaneo, ce n’est pas notre approche. Nous l’utilisons à bon escient, avec une éthique qui fait partie de l’ADN de l’agence. Pour les professionnels qui maîtrisent déjà leur métier, l’IA n’est pas une menace: c’est un levier qui permet d’aller plus vite là où l’on veut aller. Le vrai enjeu concerne surtout les générations à venir. Elles devront rester très vigilantes sur leur capacité d’analyse, leur esprit critique et leur aptitude à construire un raisonnement. La technologie peut accélérer la production, mais elle ne remplace ni la réflexion ni la vision.

Le vrai enjeu concerne surtout les générations à venir. Elles devront rester très vigilantes sur leur capacité d’analyse, leur esprit critique et leur aptitude à construire un raisonnement.

Un autre défi concerne la relation au travail et aux talents. Les nouvelles générations arrivent avec beaucoup d’énergie et une vraie attente de sens. Elles veulent comprendre pourquoi elles font les choses, participer, s’impliquer… mais aussi poser des cadres différents. Aux entreprises de créer les conditions pour que cet engagement puisse s’exprimer durablement. Et puis il y a un défi plus large: ne pas se laisser submerger par la complexité. Les outils, les formats et les canaux se multiplient. Notre rôle, en tant qu’agences, est de remettre de la clarté, de la cohérence et de la vision dans cet environnement.

Les outils, les formats et les canaux se multiplient. Notre rôle, en tant qu’agences, est de remettre de la clarté, de la cohérence et de la vision dans cet environnement.

Les transformations que nous vivons ne sont pas inédites. D’autres secteurs les ont déjà traversées avec des plateformes comme Airbnb ou Uber. La communication suivra la même logique: ceux qui comprendront ces mutations et sauront les intégrer intelligemment continueront à créer de la valeur. Au fond, les outils évolueront toujours. Mais dans ce métier, la vraie différence restera toujours l’intelligence humaine derrière les idées.