Alors que les tarifs de l’influence s’envolent en France selon une récente étude de Matriochka Influences, le marché luxembourgeois reste sur des niveaux nettement plus modestes. Marine Profeta, fondatrice de Brune Agency, spécialisée dans l’influence marketing au Luxembourg, nous livre ses estimations et sa lecture du marché local.
Combien faut-il prévoir pour faire appel à un influenceur au Luxembourg? Une question que de nombreux annonceurs, tentés d’intégrer le marketing d’influence dans leur stratégie de communication, se posent, sans véritablement trouver de réponse précise.
En France, les tarifs viennent justement de connaître une forte progression. Selon une étude de l’agence Matriochka Influences, portant sur plus de 600 collaborations rémunérées négociées avec plus de 400 créateurs, le prix médian de ce type de collaborations a semble-t-il augmenté de 30% entre 2025 et 2026.
Toujours chez nos voisins français, la hausse est la plus importante pour les micro-influenceurs (entre 10 et 50K abonnés, 3.000 euros pour un post dans le feed et un relais en story, contre 1000 euros en 2025, soit 200% d’augmentation), tandis que les tarifs restent stables pour la catégorie des Mega-influenceurs, qui dépassent le million d’abonnés (13.000 euros en moyenne pour la même opération).
Selon cette étude, le prix médian pour une opération comprenant un post dans le feed et un relais en story est ainsi passé de 4.000 euros en 2025 à 5.200 euros au premier semestre 2026. Mais ces montants sont loin de ceux pratiqués au Luxembourg.
Au Luxembourg, environ 600 euros facturés pour un post et une story
Selon la fondatrice de l’agence spécialisée Brune Agency, les tarifs français sont « bien au-dessus des tarifs luxembourgeois ». Mais ce que Marine Profeta déplore surtout, c’est le fait que « les annonceurs luxembourgeois ne débloquent toujours pas la même part de budget (pour l’influence marketing) que peuvent le faire aujourd’hui les marques françaises ou belges ». Pour une opération comprenant un post feed et un relais en story, elle estime le tarif local moyen autour de 600 euros. Un montant à considérer comme un ordre de grandeur plutôt qu’un tarif fixe. « Cela dépend de l’influenceur choisi, pas tant au niveau du nombre d’abonnés mais surtout du taux d’engagement global. » précise-t-elle.
Au-delà de l’audience, ce sont des contenus créatifs qui mettent en avant leur image et leurs produits qui sont recherchés par les annonceurs.
Marine Profeta, Fondatrice – Brune Agency
Chez Brune, le format de base proposé aux marques est d’ailleurs plus généreux: au minimum un post feed accompagné de trois stories, pour un budget moyen d’environ 800 euros auprès des profils micro-influenceurs et intermédiaires. Mais attention, un micro-influenceur luxembourgeois n’est pas un micro-influenceur français. La segmentation du marché luxembourgeois diffère naturellement de celle utilisée sur les marchés plus importants.
Le nombre d’abonnés ne fait pas tout
Au Luxembourg, Marine Profeta considère ainsi comme micro-influenceurs les profils comptant entre 2.000 et 5.000 abonnés. Les mid-influenceurs représentent la catégorie la plus importante du marché, avec des communautés comprises entre 5.000 et 50.000 abonnés. Viennent ensuite les macro, entre 50.000 et 150.000 abonnés, puis les (rares) mega-influenceurs, au-delà de 150K followers. Cette dernière catégorie reste particulièrement restreinte au Grand-Duché: la spécialiste cite notamment Melody Funck parmi les rares profils dépassant ce seuil. La Luxembourgeoise, connue comme la « Fille aux robes », comptabilise en effet près d’un million de followers sur TikTok, 362K sur Instagram et 215K abonnés sur sa chaîne Youtube.
Mais pour déterminer le prix d’une collaboration, le volume de followers n’est pas nécessairement le meilleur indicateur: « Cela dépend de l’influenceur choisi, pas tant au niveau du nombre d’abonnés mais surtout du taux d’engagement global. », insiste la fondatrice de Brune. Un créateur disposant d’une communauté plus réduite mais particulièrement active, ou positionné sur une niche recherchée, peut ainsi présenter davantage d’intérêt pour une marque qu’un compte beaucoup plus suivi mais moins engageant.
Influenceurs ou Créateurs de contenu? Bienvenue dans l’ère de l’UGC
Au-delà de la question des tarifs, Marine Profeta observe une évolution plus profonde dans les attentes des marques: la montée de l’UGC, ou User Generated Content. Selon elle, les annonceurs comprennent progressivement que la valeur d’un créateur ne réside pas uniquement dans sa communauté: « Plus qu’une communauté, ce sont des contenus créatifs qui mettent en avant leur image et leurs produits qui sont recherchés et qui fonctionnent. », explique-t-elle.
Dans ce modèle, la marque rémunère principalement la création du contenus créatifs, qu’elle peut ensuite utiliser sur ses propres canaux ou dans ses campagnes publicitaires. L’audience personnelle du créateur devient alors secondaire.
Une évolution qui pourrait particulièrement bien correspondre au marché luxembourgeois. Avec des communautés nécessairement plus limitées que sur les grands marchés voisins, la capacité des créateurs locaux à produire des contenus authentiques, qualitatifs et adaptés aux marques pourrait devenir un critère de valeur aussi important, voire plus important, que le simple nombre d’abonnés.










