Alors que la protection des mineurs en ligne s’impose comme un enjeu majeur en Europe, l’Autorité luxembourgeoise indépendante de l’audiovisuel (ALIA) estime que les restrictions d’accès aux réseaux sociaux basées sur l’âge ne constituent pas, à elles seules, une réponse suffisante. De son côté, le Premier Ministre Luc Frieden a assuré que le gouvernement luxembourgeois agirait à l’échelle nationale si aucune solution européenne ne se dessinait d’ici la fin de l’année.
Dans son avis publié le 23 mars dernier sur la proposition de loi visant à encadrer davantage l’accès des jeunes aux réseaux sociaux, l’ALIA rappelle qu’une régulation efficace doit concilier protection des mineurs et respect de leurs droits à l’information, à l’expression et à la participation dans l’espace numérique.
L’Autorité plaide pour une approche fondée sur l’éducation aux médias, l’implication des parents et l’application effective des règles européennes déjà en vigueur, notamment le Digital Services Act (DSA) et la directive sur les services de médias audiovisuels (SMA).
Selon l’ALIA, les risques auxquels sont exposés les jeunes ne découlent pas uniquement de l’accès aux plateformes, mais aussi de certains mécanismes conçus pour maximiser l’engagement et la collecte de données. Elle invite ainsi à cibler davantage ces facteurs structurels plutôt que de privilégier des interdictions fondées sur l’âge.
L’avis souligne également les limites pratiques des dispositifs de vérification de l’âge, souvent contournés, ainsi que les enjeux qu’ils soulèvent en matière de protection des données.
Cette position s’inscrit dans un contexte de réflexion européenne, alors que la Commission européenne a récemment recommandé une approche harmonisée de la vérification de l’âge au sein de l’Union européenne.
La proposition de loi s’inscrit dans la bonne direction. (…) Elle souligne l’importance de prendre en compte l’environnement numérique des mineurs, espace central de socialisation et d’apprentissage, tout en rappelant la nécessité d’impliquer les plateformes dans la protection des enfants, afin que la régulation repose non seulement sur les utilisateurs et leurs représentants légaux, mais également sur les acteurs numériques responsables de l’exposition aux contenus en ligne.
Conclusion de l’ALIA, présidée par Marc Glesener, dans son avis n°06/2026
Dans son récent discours sur l’état de la nation, le Premier Ministre Luc Frieden a par ailleurs assuré vouloir « instaurer un âge minimum pour l’utilisation des réseaux sociaux » et lancé un ultimatum: « Si aucune solution européenne ne se dessine d’ici la fin de l’année, nous agirons au niveau national, comme l’ont déjà fait d’autres pays. Notre politique place le bien-être des enfants et des jeunes au centre des priorités – dans le monde numérique comme dans le monde réel. »










